Attaché

4 septembre 2026

L'audit SEO Search Console en 10 questions posées à Claude

Réponse courte : un audit SEO basé sur Search Console consiste à interroger les données réelles de recherche Google — requêtes, pages, positions, CTR — pour trouver ce qui sous-performe et pourquoi. Avec un connecteur MCP comme Attaché, ces analyses se posent en français à Claude, qui interroge l’API Search Console en direct via l’outil gsc_search_analytics. Dix questions bien formulées couvrent l’essentiel d’un audit qui prenait une journée d’exports.

La même trame d'audit, rejouée sur chaque client du portefeuille derrière un seul connecteur.

La même trame d’audit, rejouée sur chaque client du portefeuille derrière un seul connecteur.

L’audit SEO a un problème de format. Le livrable classique — quarante slides, des captures de Screaming Frog, un plan d’action que personne n’ouvre — met la moitié de son énergie dans la mise en forme. Nous avons fait ces audits en agence pendant des années. La partie qui créait de la valeur tenait toujours dans une dizaine de réponses tirées de Search Console. Le reste habillait.

Alors voici la trame nue : dix questions, à poser telles quelles à Claude branché sur la propriété GSC du client. Le branchement lui-même prend trois minutes et ne demande aucun mot de passe — le client autorise sa Search Console en lecture seule via OAuth, sur une app validée par Google ; le flux complet est décrit dans notre article sur l’onboarding sans mot de passe.

Les 10 questions de la trame

  • « Quelles sont mes 20 requêtes avec le plus d’impressions sur 3 mois, avec position moyenne et CTR ? »
  • « Quelles pages sont en position 5 à 15 avec plus de 1 000 impressions ? » (la zone d’opportunité)
  • « Quelles requêtes ont un CTR inférieur à la moitié de ce que leur position laisse attendre ? »
  • « Quelles pages ont perdu plus de 30 % de clics vs la période précédente ? »
  • « Sur quelles requêtes deux de mes pages apparaissent-elles en même temps ? » (cannibalisation)
  • « Quelle part de mes clics vient de requêtes contenant ma marque ? »
  • « Quelles requêtes montent en impressions mais où je reste au-delà de la position 20 ? »
  • « Comment mes clics se répartissent-ils entre mobile et desktop, et où l’écart de position est-il le plus fort ? »
  • « Quels pays génèrent des impressions sans clics ? »
  • « Quelles pages n’ont reçu aucune impression sur 3 mois ? » (l’index mort)

Chaque question déclenche un appel gsc_search_analytics avec les bonnes dimensions et les bons filtres. Vous n’écrivez rien d’autre que la phrase — le principe est le même que pour interroger Search Console au quotidien, l’audit ne fait qu’enchaîner les angles.

Pourquoi ces dix-là et pas d’autres ?

Parce qu’elles suivent l’argent. Les trois premières trouvent le potentiel immédiat : ce qui est presque bien classé, ce qui est vu mais pas cliqué. Les questions 4 et 5 trouvent les fuites : ce qui décline, ce qui se cannibalise. La 6 sépare le mérite SEO de la notoriété de marque — un site peut afficher une belle courbe de clics qui n’est que sa propre marque. Les quatre dernières élargissent : signaux faibles, device, géo, pages fantômes.

Une question absente volontairement : « quel est mon trafic SEO ? ». C’est un constat, pas un audit. L’audit commence quand on demande pourquoi.

L’exemple chiffré : la question 3 sur un site réel-type

Prenons un e-commerce fictif de matériel de randonnée, 60 000 clics organiques par mois. On pose la question 3 : « Sur les 3 derniers mois, quelles requêtes hors marque ont un CTR inférieur à la moitié du CTR attendu pour leur position ? »

Claude interroge l’API, applique une grille de CTR attendu par position (environ 25 % en position 1, 3 à 5 % en position 8) et sort le tableau. Première ligne : « chaussures randonnée imperméables », position moyenne 6,2, 84 000 impressions sur la période, CTR de 1,1 % là où la position laisse attendre 4 % et quelque. Le diagnostic tient en une relance : la balise title de la page est « Catégorie socle — Réf. 2481 », un titre technique jamais réécrit après une migration.

Faites le calcul avec nous : passer de 1,1 % à 3,5 % de CTR sur 84 000 impressions trimestrielles, c’est environ 2 000 clics de plus par trimestre, sur une seule requête, sans écrire une ligne de contenu ni gagner une position. La question 3 en trouve généralement une dizaine du même genre. C’est le rendement le plus bête et le plus sûr du SEO, et il dormait dans des données que le client possédait déjà.

Un audit en une heure, vraiment ?

La collecte, oui. Les dix questions s’enchaînent dans une seule conversation Claude, chaque réponse arrivant en quelques secondes avec la possibilité de creuser — « détaille la cannibalisation sur la requête X », « exclus les pages /blog/ ». Comptez une heure, relances comprises, contre une journée d’exports CSV et de tableaux croisés dans l’ancien monde.

Ce qui ne se compresse pas, c’est le jugement. Décider si deux pages qui se cannibalisent doivent fusionner ou se différencier, ça reste votre métier. L’outil déblaie ; il ne recommande pas à votre place, et c’est très bien comme ça.

L’autre gain est structurel pour une agence : la trame est rejouable. Douze clients, la même conversation type, et l’audit trimestriel devient une routine du lundi plutôt qu’un projet qu’on repousse — la même logique que le rapport hebdo en une question. Chaque client n’a autorisé que ses propres propriétés, chaque membre de l’équipe ne voit que ses clients, et rien n’est stocké au passage : les garanties complètes sont sur notre page sécurité.

Ce que Search Console ne dira jamais

Restons honnêtes sur les limites. GSC ne voit ni votre crawl, ni vos temps de chargement réels, ni vos backlinks. Un audit technique complet garde besoin d’un crawler. GSC échantillonne aussi les requêtes à faible volume, et l’API plafonne à 50 000 lignes par jour et par propriété — largement assez pour un audit, mais pas pour aspirer l’historique complet d’un très gros site.

Autrement dit : cette trame remplace la journée d’exports, pas l’expertise technique. Elle couvre la partie de l’audit qui vit dans les données de recherche — celle qui, dans notre expérience, portait 70 % des recommandations réellement appliquées.

Questions fréquentes

Faut-il donner un accès Search Console à l’agence pour faire cet audit ?

Non, et c’est le point le plus mal compris. Le client autorise sa propriété une fois, en lecture seule, via son propre compte Google — personne de l’agence n’est ajouté dans Search Console. L’équipe interroge ensuite via le connecteur, et la révocation en un clic supprime aussi l’accès côté Google.

Claude peut-il se tromper dans les chiffres Search Console ?

Les chiffres viennent en direct de l’API Google : ce sont ceux de l’interface GSC, mêmes agrégations, mêmes échantillonnages. Le risque se situe dans l’interprétation — une grille de CTR attendu reste une moyenne, pas une loi. Demandez systématiquement à Claude de préciser la période et les filtres appliqués ; la requête est visible et vérifiable.

Peut-on auditer plusieurs sites d’un même client dans la même conversation ?

Oui, si le client a coché plusieurs propriétés au moment du partage. L’outil list_sources montre à Claude ce qui est disponible, et vous précisez simplement « sur le site FR » ou « compare le .fr et le .de ». C’est utile pour les marques multi-domaines où la cannibalisation se joue entre sites.


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